Et si vous aussi, vous vous créiez votre "superbulle" à vous ?

  • Je veux être & me sentir "Décidée"
  • 15 Décembre 2020
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Au moment du changement d'année...

 

... Vous savez ce moment où l’année que l’on vient de vivre s’évapore aussi doucement que crépite le feu de cheminée, nous désirons tous former des souhaits pour l’année qui s’ouvre à nous. Apparaissant comme un territoire vierge à modeler entièrement, nous avons cet instinct de vouloir y mettre notre empreinte, lui donner un sens, la marquer de nos intentions, comme pour éviter qu’elle ne se dérobe entre nos mains, que rien de spécial ne se passe dans notre vie et qu’on n’ait juste cette sensation déroutante qu’une simple page du calendrier se tourne, sur le papier.

 

Nous sommes avides de transformation, intérieure comme professionnelle, de sensations nouvelles et intensifiées, d’angles de vue surprenantes… Nous avons soif d’être une version plus complète de nous-mêmes. Nous avons hâte de repousser nos horizons pour se sentir plus conscients et plus en maitrise de notre destin.

 

C’est pourquoi, d’instinct, on a tous envie de faire des résolutions.

 

 

Mais cette subtile efferversence...

 

... au sein de laquelle nous les formulons, bien souvent, ne dure pas et de nos séduisantes résolutions, il ne reste bientôt qu’un vague souvenir, une fois que l’année et ses urgences a pris en tenaille notre agenda et mis notre temps sous pression.

Parmi nous, en France, nous sommes 91% à prendre de belles résolutions. C’est donc une pratique qui parle à tous ou presque. Mais, presque aussi massive est la quantité de personnes (85%) qui ne les tiendront pas. Un gâchis immense ! Qui doit créer tant de désillusion, de frustration, qui doit créer une baisse de l’estime de soi-même vu qu’on a perdu : 

 

ce combat face à soi-même pour l’amélioration de sa propre vie.

 

 

Avant de vous donner ma meilleure astuce pour les tenir...

 

... Et faire ainsi de votre année la plus fructueuse de toutes, arrêtons-nous un instant - car c’est important - sur les raisons de cet échec qui, il faut bien l’avouer, est cuisant !

 

Les personnes se retrouvent happées dans le torrent de leur vie personnelle et professionnelle, englouties dans les urgences, le stress, la consommation addictive des écrans, le manque de sommeil, tout cela créant un environnement où elles n’ont pas les moyens de prendre soin d’elles, réellement. Il y a ce manque chronique de prise de recul sur soi-même qui fait qu’on arrive à la fin de l’année comme on l’a entamé. Comme si on n’avait pas prise sur sa vie, ses jours, ses heures, ses minutes…

 

D’ailleurs, révélateur puissant des manques ressentis par les personnes, les vœux les plus répandus sont : « être moins stressé et plus heureux », « réduire les écrans », « gagner plus d'argent », « changer de métier ou faire évoluer ma carrière », « manger plus sainement et mieux », « aider les autres » et « plus me reposer et mieux dormir ».

 

 

Même si les problèmes semblent multiples, je crois en réalité qu’il existe une clé simple mais extrêmement puissante à mettre en place : c’est de se créer sa « superbulle ».

 

Ce nom de « superbulle » me vient maintenant, naturellement, en réfléchissant à cette question, grâce à l’invitation que j’ai acceptée à participer à l’évènement “Votre meilleure astuce pour appliquer vos bonnes résolutions” du blog Devenez meilleur, que j’apprécie beaucoup, et dont mon article préféré est justement https://devenez-meilleur.co/combien-dobjectifs-devriez-vous-avoir/. C’est le nom qui m’est venu pour mettre un nom sur une pratique qui est la mienne depuis une dizaine d’années et que j’ai plaisir de partager avec vous.

Votre « superbulle » est cet espace où vous vous retrouvez vous-même, où vous vous posez, où vous déposez toutes les lourdeurs de la journée, tous ces brouillards qui vous font perdre de vue l’essentiel. Vous devez la retrouver impérativement une fois par jour, pour ne pas perdre le contact avec vos aspirations. C’est parce que vous perdez le contact, concrètement, avec vos aspirations profondes, que vous n’arrivez pas à les réaliser.

 

Grâce à cet espace, vous vous reconnectez à vous et à vos désirs qui du coup deviennent, grâce à elle, sacrés, comme sanctuarisés. C’est parce que vous ne les rendez pas sacrés que finalement vous les laissez être sacrifiés par le temps brouilleur de rêves. C’est essentiel que cette pratique soit quotidienne pour lutter contre cette accélération folle du temps, de la diversion, des urgences des autres etc. Et si même vous pouvez vous reconnecter à vous deux fois dans la journée, c’est encore mieux. Votre vie se fait en une journée. Vous vivez votre vie comme vous vivez vos journées ne l’oubliez pas et à la fin du compte, en fin d’année, vos résultats en matière de transformation personnelle reflèteront le niveau d’effort que vous avez (ou non) fourni chaque jour, jour après jour.

 

 

Il y a trois niveaux de « superbulle » que vous pouvez déployer...

 

... C’est en tous les cas l’expérience que j’en fais quotidiennement : un niveau mental, un niveau matériel minimal et un niveau matériel confortable.

 

Dans sa dimension mentale, je dirais que la « superbulle » est ce moment que vous prenez un moment pour vous recentrer, respirer profondément, pour redescendre dans votre corps, votre présent. Cela peut être pour mieux identifier nos ressentis, mieux organiser nos pensées, cela peut être pour mieux visualiser justement ce qui est important pour nous. C’est un peu comme micro-méditer finalement.

 

La « superbulle » incarne ce rendez-vous avec vous-même, non négociable, que vous soyez contrarié ou fatigué, que vous ayez la pulsion de consulter votre fil d’actu à la place ou d’aller prendre un bain moussant à la place, respectez-vous, garder préservé ce rendez-vous avec vous parce que c’est votre garantie « application de vos résolutions ».

 

 

Avant de détailler les dimensions matérielles de la « superbulle », je voudrais dire que tout le monde a déjà, plus ou moins, un espace personnel de création.

 

Quand je dis espace personnel de création, je ne parle pas de création artistique, je parle d’un espace où l’on crée et où l’on se crée soi-même, chacun y mettant ce qu’il veut dedans.

Nous avons tous bien, à des degrés différents, un tel espace : la plupart du temps c'est un bureau physique, celui que nous avons au travail ou celui que nous avons chez soi, mais parfois, lorsque l'on rentre chez soi, on préfère travailler sur la table de la cuisine plutôt que sur le bureau prévu à cet effet. Parfois on n'a pas de bureau chez soi, mais une simple tablette que l'on ouvre et referme par gain de place, parfois notre espace de création sera réduit à notre ordinateur ou même à un carnet personnel dans lequel on note, on gribouille, on prévoit... C'est parfois un atelier professionnel ou l'atelier que l'on s'est fait, juste à côté de la maison pour avoir son espace et prendre du temps pour soi... C'est parfois ce poste nomade où l'on prend place au sein d'un coworking ou cette tablette de train ou d'avion dont on s'empare, excitée de pouvoir réfléchir et créer sa vie à grande vitesse... C'est parfois cette table de café qui nous fait de l'œil en terrasse ou cette table rouillée qui a un charme fou, dans ce petit coin de jardin où l'on aime se cacher.

 

Tout le monde a un espace personnel de création mais très peu en exploite la puissance.

 

 

Dans sa version minimale, la « superbulle » est...

 

... Un endroit où s’asseoir et un carnet pour noter. Où s’installer allez-vous penser ? Eh bien, tout dépend de l’énergie qui est la meilleure pour vous : si cela réveille le meilleur en vous de le faire dans un café, alors posez ce rituel-café. Si c’est dans votre cuisine, avant que les enfants ne se réveillent, que vous vous sentez le mieux, installez ce rituel-là. Cela peut être à la pause déjeuner dans votre entreprise parce que c’est ce qui vous stimule le plus. Si au contraire, vous avez envie d’un lieu qui vous cajole quand vous rentrez, qui vous répare, qui vous renforce et que vous ne voulez pas changeant, alors dédiez un endroit spécial qui vous tendra les bras à chaque fois que vous en avez besoin.

 

 

Une fois votre lieu « minimal » choisi, que faire ?

 

Le truc magique à faire c’est de vous faire « un carnet de résolution » et d’y noter chaque jour vos résolutions. Vous les écrivez en toutes lettres et en toute conscience.

Et vous vous demandez Qu’ai-je fait hier de vraiment bien qui me fasse aller dans le sens de mes résolutions ? Examinez ce qu’il s’est passé. Si une belle action a été mise en place, décrivez-la et apposez-y cette pensée que vous en êtes fière et que vous voulez développer encore davantage cette énergie-là. Si rien n’a été fait, alors demandez-vous pourquoi. Et notez ce qui a empêché votre avancement en formulant le souhait que désormais vous allez éviter ce genre de pratique qui ne vous mène à rien. Cela vous paraît répétitif et besogneux ? Non, cela est tout le contraire. Le fait même de noter à la main vous connecte à une région particulière de votre cerveau qui vous fait du bien. C’est votre corps qui écrit. Et être dans votre corps est extraordinaire pour être dans le maintenant. Cette pratique, loin d’être répétitive et besogneuse, crée au contraire du mouvement, du flux, du momentum. Je peux vous assurer que lorsque cela fait dix jours que vous écrivez vos résolutions et que rien n’avance, quelque chose en vous se rebelle contre cette inertie et se met vraiment en mouvement !

 

 

Si vous avez la chance que votre « superbulle » devienne votre bureau, alors là c’est le top !

 

Car vous aurez plus de place pour distiller votre magie personnelle et déployer votre stratégie « application de mes bonnes résolutions ». Je dirais même que votre bureau devrait devenir votre arme secrète pour réaliser vos résolutions. La puissance du bureau est souvent sous-utilisée je trouve. Si vous arrivez à y mettre votre âme, si vous parvenez à faire en sorte que cet espace vous raconte, autant dans vos accomplissements que dans vos aspirations, alors il deviendra un temple sacré dont les vibrations vous transporteront, qui fera que vous pouvez accéder à votre flow aussi facilement qu’on esquisse un sourire, et vos belles résolutions se mettront naturellement à l’ordre du jour !

 

 

Quelques pistes…

 

Vous pouvez écrire vos résolutions devant vous, bien visibles, comme un soleil à atteindre cette année. La force magnétique de ce soleil va vous aider à concentrer vos efforts quotidiens et maintenir votre focus à un niveau suffisamment élevé pour être productif transformateur. Comme vous avez souvent plusieurs résolutions, commencez par en choisir une seule et tant que la première n’est pas atteinte, vous n’enlevez pas votre pancarte. En avoir plusieurs en même temps est la meilleure façon d’échouer.

 

 

Autre élément à prendre en compte dans la création de votre superbulle : votre personnalité.

 

Vous devez vous sentir vous-même : rien de tel qu’un espace qui vous incarne, qui devienne… Une seconde peau. Alors disposez-y les objets qui, comme de précieux talismans, vous renvoient la plus belle énergie (celle dont vous avez besoin pour atteindre vos résolutions). N’en prenez pas trop. Là aussi, limitez-vous. Il ne s’agit surtout pas de vous encombrer mais au contraire de clarifier votre énergie.

 

 

Pour finir, je vais vous raconter une anecdote qui j’espère vous inspirera autant qu’elle m’a inspirée, il y a dix ans, lorsque j’ai commencé à mettre en place ma « superbulle ».  

 

Victor Hugo, pendant les dernières années de son exil, habita dans ce qu’il appelait « ma maison », à Guernesey et qui porte le nom aujourd’hui de « Hauteville House ». Ce fut réellement l’unique maison qu’il ait eu en sa possession puisqu’il louait auparavant ses logements parisiens, avant d’être banni de France et chassé de Belgique. C’est dire si cette maison était son refuge. Mais il y a plus que cela.

Il l’a prise comme l’extension même de son âme. Il en a fait son œuvre. C’est exactement à cela que je vous invite… Il en a fait son sanctuaire créatif, au point qu’elle lui a permis d’écrire tous les grands chefs-d’œuvre de la deuxième partie de sa carrière. Il s’en est emparé, mettant en scène l’espace, redessinant l’architecture, réalisant lui-même les décors et les atmosphères. Devenue « intérieure », sa maison lui a permis de faire éclore ses œuvres comme ses œuvres ont infusé la maison elle-même, sa philosophie et sa vision du monde imprégnant chaque centimètre carré. On peut vraiment parler de seconde peau ! Bâtie sur cinq niveaux surmontés d’un belvédère, celle-ci domine toujours la baie de Havelet et Victor Hugo y a reproduit le chemin que notre esprit suit pour devenir de plus en plus éveillé en privilégiant de somptueuses couleurs sombres aux niveaux inférieurs et des teintes de plus en plus claires, plus on s’élève, réservant d’ailleurs à son atelier d’écriture l’étage le plus transparent.

 

 

C’est un exemple magnifique d’engagement pour son art, sa création, sa vie...

 

... Un exemple inspirant de dévouement à cette cause de la plus haute importance qui est : la réalisation de vos souhaits les plus chers.

Le problème est que les souhaits que vous formulez, parce que vous ne les enracinez pas dans un espace, dans une pratique, dans une énergie qui vous ressemble, ont toute latitude de s’évaporer et de s’échapper ! La « superbulle » doit être cette protection face à tout ce qui agresse sans cesse votre intégrité personnelle, qui préserve, tout au long de l’année, ce que vous ne devez pas cesser de choyer, de privilégier. C’est cet espace que vous réinventez au fil de la réalisation progressive de vos résolutions, qui vous soutiendra dur comme fer, qui sera là même quand vous serez en vrac et qui ne vous lâchera pas !

 

 

 

 

ANAÏS ELEONOR